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Souvenirs...

(Extrait du fascicule sortie à l'occasion du cinquantenaire du club 1959-60)


Vous me demandez de tracer ici, sous le titre « Souvenirs », la rétrospective des événements sportifs de notre cité, au cours de ces cinquante dernières années, et principalement l’évolution du football Revélois. Tâche ardue, puisqu’il s’agit de résumer en quelques pages ce qui pourrait faire l’objet d’un opuscule, tellement est grande la place qu’à occupée le football dans la vie de notre ville, et dans l’esprit de ses habitants.

Qu’il me soit permis de remercier ici ceux qui ont bien voulu m’aider dans cette tâche, en me fournissant certains éléments d’information, précédant la constitution de nos Sociétés Sportives : Paul Albert, Marius Arnaud, Marius Barbaste, Victor Rispal, Paul Roquefort, Maurice Ventouillac.

Mais je dois exprimer un regret très profond, celui que me cause l’absence de ce sportif passionné que fut Henry Segonne, car c’est lui qui aurait dû être chargé de rédiger ce mémoire. Quel est le sportif qui n’a pas regretté son départ, quel est celui qui a oublié son dévouement inlassable à la cause du Football ?

Je veux retracer ici ce que, à la fin d’un banquet, je lui disais : « Mon cher Secrétaire Général, vous êtes, vous, le pilier inébranlable, nécessaire, et je peux dire indispensable de notre Société. C’est grâce à vous, à votre labeur, que nous pouvons assister ici même à de si belles exhibitions. C’est grâce à vos expériences que nos chers jeunes gens peuvent parfaire leur entraînement rationnel et progressif par la sélection savante des équipes que vous engagez. ON ne vous remerciera jamais assez de votre dévouement inlassable, et de votre attachement à notre Club ».

Henry Segonne faisait, en 1907, partie du patronage de l’Ecole des Frères, et pratiquait avec quelques-uns de ses camarades un rugby sans doute peu orthodoxe ; parmi eux, se trouvaient Marius Barbaste, dit « Sicou », et quelques apprentis de la Maison Solomiac Frères. Mais le rugby ne cadrait pas avec le tempérament de Segonne, et en 1908, glanant par ci par là quelques amateurs, il pu former la première équipe Foot, qui en 1909 rencontra en match amical le Racing Club Castrais, dont le capitaine était un Suisse nommé Bossardet.

En 1910, Segonne aidé d’Albert Mora, crée alors la Jeunesse Sportive Revéloise, Société Omnisports, avec prédominance de Football, mais ce Club n’a jamais eu d’existence légale.

Le départ était cependant bien donné, et il suffisait dès lors former une Société, dotée des statuts réguliers et légaux.

Ces derniers furent rédigés pendant l’hiver 1910-1911 par Paul Albert et Henri Prades dans une salle de classe de l’ancien Collège de Revel.

La Société prit le nom de Revel-Sports, l’intention de ses animateurs étant d’y faire pratiquer tous les sports, et elle fut agréée en 1911, sous le n°7822.

Effectivement, on assista à des courses de bicyclettes, animées par Henri Albrecht, mort pour la France en 1914, à des courses à pied dont le héros fut Joseph Saint-Martin, à la natation, qu’illustra le jeune Teisseyre, mort pour la France, à des compétitions d’athlétisme ou brillait jean Barthas, décédé également, et qui fut censeur au Lycée de Toulouse.

Mais le football prit très vite le développement escompté et c’est vers lui que portèrent surtout les efforts des premiers dirigeants.

Mais le football prit très vite le développement escompté et c’est vers lui que se portèrent surtout les efforts des premiers dirigeants.

Il serait trop long, au cours de cet exposé, de nommer tous ceux qui participèrent pendant ces cinquante années, à l’évolution de ce sport préféré. Mais il est bon, je crois, que le public Revélois n’ignore pas les noms de ceux qui en furent les pionniers, comme dirigeants et aussi comme pratiquants. Les voici, en m’excusant d’un oubli, qui ne me serait d’ailleurs pas imputable : Paul Albert, Fernand Alary, Joseph Alquier, Marius Arnaud, Marius Barbaste, Marius Bermond, Georges Borrel, Jean Calmettes, Joseph Carausse, Luis Cavailles, Louis et Auguste Gabolde, Henri Gardies, Raymon Gauzy dit « Manon », Espérance Jalabert, Louis et Marius Limes, Louis Maffre, Martinolle, Massip, Henry Mercier, Alexandre Monoury, Albert Mora, Henry Prades, Jean et Victor Rispal, Paul Roquefort, Gabriel et Joseph Saint-Martin, Joseph Segonne, et bien entendu, Henry Segonne.

Fervent du Rugby, j’avais crée à Espéraza, en 1910, le Club Athlétique Espérazanais, j’ignorai tout du foot. Devenu Revélois, j’apercevais le dimanche, sur des terrains de fortune, ces jeunes gens donner des coups de pied impensables à un ballon rond. On m’expliqua qu’il fallait faire passer le ballon entre deux vestes étendues à chaque extrémité du terrain, car les vestes tenaient alors lieu de poteaux. On y arrivait, mais pas sans difficultés, car les propriétaires ou métayers estimaient que ces diables d’enfants abîmaient leurs prairies et lançaient leur chien à la poursuite du ballon. On changeait alors de terrain, et l’on jouait où l’on pouvait : à la Terrasse, au Pont de la Mayre, à la Landèle, ou à la Vacherie. Chacun d’ailleurs pourvoyait à ses besoins, versait une cotisation, achetait son équipement et emportait la musette.

C’est ainsi que jusqu’à la guerre de 1914-18, le Revel-Sports vécut en concluant des matches avec la Jeunesse Sportive de Toulouse, Castres, Montauban, etc.… ; sa première équipe disputa la finale du Comité des Pyrénées (2e Série) avec la Jeunesse Sportive de Toulouse et ne succomba que par un d’écart.

Durant ces six années, au milieu d’une ambiance extraordinaire, le foot fut roi ; dans les rues, les ateliers, au café, sur les journaux il n’était question que du ballon rond ; les grandes manifestations se succédèrent sans interruption, de nombreux matches internationaux  furent conclus, et les résultats en compétitions officielles ne firent que confirmer la bonne tenue de nos équipes.

Tour à tour, nos deux sociétés sont Championnes de 1ère série, de Promotion et d’Honneur. Le 18 septembre 1921, le Revel Sports organise une grande fête sportive, pour fêter le 10e anniversaire de sa fondation, et l’inauguration de son stade des Bourdettes, sous le haut patronage du Général Bousquier, et de M. le Sous-préfet de Villefranche, et sous la présidence effective des autorités civiles et militaires, et de M. le Président de la Ligue du Midi. Au programme, fête de gymnastique et grand match contre l’équipe I du Stade Olympien Biterrois, précédé de l’exhibition Biberon-Club contre Bébé-Sports. Sur ce stade des Bourdettes, clôturé par les soins des membres de la Société, on apercevait un wagon servant de vestiaire et des tribunes construites par Achille Gardiens, et dont les panneaux de réclame avaient payé les frais d’édification.

Le 6 novembre de la même année, l’Amicale organisait une grande manifestation Républicaine et Laïque sous la présidence de MM Vincent Auriol et Hyppolite Ducos, Députés, et M. l’Inspecteur primaire, au programme, sur le terrain Notre-Dame, grand match de Championnat contre le Stade Castrais, et mouvements d’ensemble avec pyramides.

On organisa ensuite successivement des rencontres avec le Cercle Olympien Sétois, le Port-Bou Football Club, le Stade Bordelais, le Football Club de Sète, les Girondins de Bordeaux, le C.A. Béglais, le S.O. Montpellier, l’Olot Football Club, l’Ausa Maria à Vich, le C.D. Blanès, etc.…

Le 14 octobre 1923, eut lieu à Revel le premier grand match de Coupe de France contre le Racing Club Agathoi.

Le foot est en plein euphorie ; des joueurs sont sélectionnés pour disputer des rencontres inter ligues. Plus de ceux cents jeunes gens sont inscrits dans nos deux Sociétés. D’excellents footballeurs demandent à être licenciés à Revel. C’est alors que Costes et Delessert viennent infuser un sang nouveau. Delessert, International Suisse, avait commandé un tort team en Espagne ; il aimait passionnément notre club ; un jour il m’écrivait de Toulouse : « Je suis fauché, comment irais-je à Carmaux dimanche si vous ne m’écrivez pas avant, je me verrai dans l’obligation d’y aller à pied » Quant à Costes, j’ai sous les yeux plusieurs lettres de ce grand et sympathique garçon, vétérinaire à Saïda. Il m’écrivait souvent pour me proposer des joueurs, et, comme je lui avais fait remarquer que nous désirions surtout faire jouer des Revélois, une de ses lettres me recommandant un excellent sélectionné d’Oranie, ancien joueur de Budapest, commençait ainsi : « Ne m’enguirlandez pas, lisez bien ma lettre, et je verrai alors votre éternel sourire s’épanouir encore plus. Je parle ainsi à mon cher Président d’un très cher Petit Club ».

Les relations entre joueurs et dirigeants étaient charmantes. Elles le devinrent encore davantage lorsqu’Emile Ortala fit sa rentrée. Comment ne pas évoquer la mémoire de garçon exquis, plutôt timide, au regard clair, et d’une correction exemplaire ? On ne pouvait que l’aimer ; il apporta au Club l’aide précieuse de ses connaissances sportives, et sa disparition si brutale nous causa une peine extrême. J’ai conservé de lui des lettres d’un style partait et d’une élévation de sentiments exemplaires.

Les relations entre joueurs et dirigeants étaient charmantes, on les aimait tous, ces grands garçons ; qu’il s’agisse, en plus de ceux nommés plus haut parmi les premiers dirigeants, de la fameuse triplette Solomiac, Bigot et Paul Mercier, des Gaston Bourrel, Baillon, Barthes, Emile Fournier, Faure, Bosc, Desplats, et de ceux qui formèrent la première équipe de l’Amicale : Malignon, Jean Gasc, Gaston Auriol, Paul Aymes, Charles Fontes, Jean Redon, Louis Fabre, Emile Larroque, Abel Peyre.

Le foot menant à tout, une clique fût formée en 1920, avec tambours, clairons et drapeau prêtés par mon pays natal, et dirigée par Cabaussel. C’est d’ailleurs de cette Clique qu’est né le Coq Revélois dont les effectifs s’augmentèrent d’éléments venus de l’Epi d’Or de Dreuilhe. Je ne peux oublier qu’il trouva en mon ami, le regretté Louis Revel, un Président aimé et dévoué.

Et pourquoi ne pas signaler que notre Sport Revélois fournit, en 1922, une preuve de sa vitalité par l’accession au titre d’arbitre officiel de la Ligue du Midi sous le n° 19, de celui qui fut un de nos plus dévoués dirigeants, Paul Roquefort. Les anciens n’ont pas oublié la correction si parfaite dont il fit preuve dans cette nouvelle tâche.

Avant de terminer cette rétrospective des temps héroïques, je dois signaler : le match de sélection organisé à Revel le 7 janvier 1925 entre les meilleurs équipiers de la Ligue du Midi et cela en reconnaissance de nos efforts ; l’inoubliable match féminin organisé le 1er mars 1928 entre le Femina Tolosa Sports, et l’Intime sportive Toulousaine, avec goûter demandé par ces jeunes filles, pour être consommé après le match, et composé de saucisson, jambon et gâteaux secs. Parmi les spectateurs, on remarqua de nombreuses têtes à cheveux blancs, et beaucoup d’yeux munis de lorgnettes ; au cours de ce match un incident comique se produisit ; le ballon heurta violemment le canotier en palle d’un spectateur, le décalotta et les bords du chapeau s’enfoncèrent, jusqu’à former une collerette autour du cou.

Enfin signalons les sanctions prises par la ligue à la suite du match contre le stade toulousain du 31 janvier 1926 :

Le joueur Poncies suspendu pour trois ans, quatre dirigeants pour un an, et le terrain pour six mois. Nous répondîmes  à la Ligue que quant au terrain, nous ne pouvions le suspendre comme les jardins de Babylone ; concernant Poncies et les quatre dirigeants, nous avions conseillé à la Ligue de consulter le Larousse sur lequel elle pourrait lire au mot suspendre : « fixer en haut et laisser pendant » ou «  procédé thérapeutique qui consiste à suspendre certains malades par les aisselles, la nuque et le menton » ; nous ajoutions que nous craignons beaucoup que, quelque soit le procédé laissé au choix des condamnés, ils seraient certainement morts avant l’échéance. Nous n’eûmes pas de réponse, mais par la  suite, l’Assemblée Générale renversa le Bureau de la Ligue.

Et nous voici arrivés en 1926 à l’heureuse fusion. Les fanions sang et or, bleu et blanc, furent ramenés et, sous le nom de l’Union Sportive Revéloise, le pavillon rouge et noir flotta plus haut que jamais. Le palmarès est éloquent : Détenteur du Challenge Clément Ader, disputé en 1931, 1932 et 1933 en un tournoi triangulaire contre Saint-Gaudens et Muret, la finale ayant eu lieu en 1933 à Muret, sous la Présidence de Vincent Auriol, en en présence du si regretté Marius Audouy qui avait été, en 1922, notre délégué à la Ligue, en en 1922-23, le précieux Vice-président du Revel-Sports. Cinq fois Champion de Division d’Honneur en 1931, 1934, 1938, 1951, 1953 et 1955 ; détenteur de la Coupe du Midi en 1948, abordant la même année le Championnat de France amateurs, classé première à la fin du premier team d’automne, l’U.S.R. terminera brillamment cinquième et participera de nouveau au C.F.A. en 1949-50. Vaincue au goal avérage, elle redescendra en Division d’Honneur pour prendre part de nouveau en 1955-56 au C.F.A.

Entre temps, le 15 décembre 1946, au milieu d’une ambiance extraordinaire, eut lieu, en 32e de finale de Coupe de France, le match Montpellier – USR ; le matin, au Music-Ciné, avait eu lieu une conférence par M. Guénard, Président de la Ligue, suivie de la projection du film de la Coupe du Monde 1938. Le match fut radiodiffusé ; au début les Montpelliérains se montrèrent surpris et inquiets ; l’allant, le souffle, la fougue des nôtres les étonnèrent. L’envoyé spécial du Midi-Libre, René Rollat, écrivait le lendemain : « Pendant quarante cinq minutes, la partie fut disputée à une cadence ultra-rapide, imposée par les locaux, qui ne laissaient nul répit ni à leurs adversaires, ni à la balle ». Effectivement, si le S.O.M. ouvrit le score à la 12e minute sur centre en retrait de Champel, l’U.S.R. scora à la 15e par Nouguier, inter-droit, reprenant un service de Marty, avant-centre. L’U.S.R. dut s’incliner par score de 6-1, jugé trop sévère par les chroniqueurs Montpelliérains, eux-mêmes, dont l’un écrivait, sans rien ajouter de péjoratif à l’image qu’il évoquait : « Et lorsque le jour vînt, la petite chère de M. Séguin, qui s’était battue toute la nuit, se coucha, sa belle robe blanche devenue rouge, et le loup la mangea ». Le S.O.M. avait remarqué parmi nos joueurs : Andréjac, Horwath, Marty et Navazzo.

La saison 1948-49 fut peut-être la plus brillante de la vie de l’USR puisque, rappelons-le détentrice de la Coupe du Midi, elle tint très haut ses couleurs en C.F.A. comme en Coupe de France, mais elle fut « saignée à blanc » pendant l’inter-saison. Certains de ses joueurs optèrent pour des clubs « pros » (Santacreu et Thomas), un autre franchit le Rubicon (Bargas), enfin Riveil et Azza opérèrent dans des formations amateurs  de la région. D’autres que les Revélois auraient pu se décourager ; il n’en fut rien. On se remit à l’ouvrage et l’on fit appel aux jeunes. Une étoile avait brillé au firmament sportif Revélois quelques années, auparavant, et notamment en 1946 dans cette équipe Junior, qui nous fut si chère ; elle y brillera longtemps car la saison 1949-50 permit à Rastoul Jean de s’affirmer en équipe fanion, où dix ans après il apporte encore le soutien remarquable de son esprit sportif et de son dévouement désintéressé.

Et la saison 1949-50 commença pour le Club « pillé » sans grandes ambitions, mais avec la volonté de faire pour le mieux. Si en C.F.A. l’USR dut s’incliner, comme dit plus haut, elle battit à Limoges ne 32e de finale, Quevilly par 3 buts à 2. Quevilly, terreur des « pros » qui avait battu l’année précédente le T.F.C., ce qui nous valut un télégramme de félicitations de ce dernier club. Lorsque les équipes entrèrent sur le terrain, on se demandait : Des deux « chauves » qui est celui qui repartira en chantant ? Et l’on misait sur Antoinette, entraîneur de Quevilly, plutôt que sur Nouguier, car on restait sur l’impression de la défaite de Toulouse. De plus, Quevilly  (armoire à glace) était plus athlétique. Mais Nouguier prit le dessus sur Antoinette, car Jany et le carré central s’étaient imposés, et avaient permis à Conrad. Azza et Abadie de scorer. J’ajoute que Victor Rispal prétendait que nous aurions pu gagner par 5 à 2, et, comme c’était la Foire de Limoges. Il voulut devant les jeunes Limousines, qui se pâmaient d’admiration, donner la preuve de la vitalité Revéloise en faisant une splendide démonstration de haute école sur des chevaux de bois. Equipe victorieuse : Caviglia, Munos, Andréjac, Withe, Jany, Nouguier, Abadie, Rastoul, Conrad, Azza, Passarin.

Ce fut donc notre accession, pour la première fois, en 16e de finale le 5 février 1950 à Tours contre Troyes. Quel espoir fut le nôtre lorsque Conrad marqua le premier but à la 38e minute ! Doubaud, qui était près de moi me dit : « Que c’est beau, come vous allez être contents ! » Hélas ! ce but était réussi trop tôt, pour pouvoir le défendre jusqu’à la fin. Troyes, par Wallendorf, scora trois buts aux 44e, 45e et 52e minutes, et malgré la récidive de Conrad à la 56e, Wallendorf marquant un quatrième but à la 85e, nous dûmes nous incliner par 4 à 2. Il nous manquait il est vrai Passarin blessé, et surtout, surtout, dans les bois, celui qui nous valut tant de victoires : le très cher Jo Santacreu. Revel payait cette saison en Coupe, comme en C.F.A. la succion qu’on avait opérée dans ses rangs.

Pour être complet, il faudrait faire état de tous les exploits de l’U.S.R. contre Saint-Raphaël, Le Puy, Annecy, Vichy, Roanne, et tant d’autres, évoquer la passion qui animait chaque année le derby Mazamet –Revel ou TFC-Revel. Parler des dirigeants, qui n’hésitèrent pas à donner leur caution à une banque pour obtenir un prêt destiné à élever des tribunes, qu’on transporta ensuite sur le terrain du Stade Roger Arnaud, renouveler les noms des pionniers, de ceux qui leur succédèrent, de ceux surtout qui surent rester, durant des décades, fidèles à leur Club comme joueurs et dirigeants.

Mais il faut dire pourquoi nos couleurs flottèrent si haut. Si j’ai déjà nommé Costes, Delessert et Hortala, c’est parce que leurs directives furent éminemment profitables à des joueurs comme Louis Vidal, Paul Mercier, Bigot, Bermond, Solomiac, Gaston Bourrel , Barrau, membres de la première équipe de l’USR en 1936, comprenant en plus Cabaussel, Gilles Fauré, Jean Rey, Puginier et Bosc. Ce fût ensuite l’arrivée de ce garçon sympathique entre tous : Horwath, dont la technique nous assura bien des victoires ; notons enfin que se succédèrent  les Andréjac, Henaff, Augier, Santacreu, Vicente, porté en triomphe à Cazères, Hurlé, Matéo, Azza, Tomas, Conrad, Munoz, Jany et j’en oublie. Tous ces étrangers à notre Club inculquèrent certains principes aux nôtres, qui passèrent maîtres dans l’art, tels qu’André Pinel, Gaston Raimond, Maurel, René Crespy et tous les autres jeunes dont les noms sont trop présents à notre mémoire pour que j’aie à les évoquer. N’oublions pas surtout Léon Vidal,  White et Julien Nouguier, auxquels nous devons rendre un hommage particulier pour leur attachement au Club, leur dévouement et leur science. Nouguier, devenu par la suite entraîneur officiel, a su importer à Revel la fameuse tactique sétoise qu’il avait pratiquée à Agde avant de s’envoler vers le T.F.C. Inutile d’insister sur le dévouement avec lequel White continue à exercer sa mission auprès des jeunes, et sur celui des deux managers, Joseph Mortémart et Jean Garrigues.

Ma conclusion sera donc que les futurs dirigeants de notre chère U.S.R. ne devront pas perdre de vue que, pour assurer à un club un essor permanent, il est indispensable de lui infuser de temps en temps un sang nouveau. Les éleveurs de chevaux de course n’obtiennent de véritables cracks que par de savants croisements. Il en est ainsi de toutes les races animales et de toutes les sélections végétales. Au surplus, quant à nous tous, qui avons vécu et vibré depuis e longues années, intimement mêles à ce milieu ardent et viril qu’est le Club ; pour nous tous, qui avons été les témoins attendris et enthousiastes de tous ses actes, de toutes les minutes angoissantes et héroïques qu’il a traversées ; nous désirons que la même affection fraternelle et touchante unisse comme autrefois nos athlètes, qu’ils apportent le même entêtement obstiné à forcer la victoire, qu’ils continuent à se prodiguer les mêmes encouragements réciproques par un don de soi permanent qu’ils apportent à ceux qui les dirigent, et à celui qui les conduit une affection confiante. Il est beau d’avoir du nerf, du muscle et des poumons, mais, lorsqu’on possède tout cela, il est meilleur encore d’avoir du cœur et de compléter le bloc des muscles par cette merveilleuse entité morale, par cet amour du pays et du club, qui constituent les facteurs les plus purs de toutes les victoires.

Alors, mes chers soccérs, mais alors seulement, vous gravirez la rude côte sans défaillance, et, dès que demain vous vous alignerez vous lutterez de toutes vos forces, de toute votre volonté, et vous serez vainqueurs !

Car vouloir, tout est là ! Tout le secret est enclos dans ces deux petites syllabes magiques et brèves : VOULOIR ! Vouloir plus que hier, et bien moins que demain !

Vive notre si chère UNION SPORTIVE REVELOISE

Président d’Honneur de l’Union Sportive Revéloise                        Joseph GIBERT.

 

 

 

 

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